Programmation de recherche


Trois axes orientent la démarche de la chaire. À travers ces trois axes, la chaire propose de poser un regard critique sur la complexité du tourisme comme phénomène sociogéographique. 


Axe 1 : Processus et mode d’habiter des espaces touristiques. 

L’activité touristique transforme les espaces qu’elle consomme (Urry, 1995), que ce soit par la sacralisation et la mise en scène des lieux (McCannell, 1976), par l’intégration des discours dominants sur l’activité locale (Saarinen, 2004) ou encore le redéveloppement des espaces voués au tourisme (Judd et Fainstein, 1999). Cet axe aborde les modes d’habiter des territoires touristiques par les résidents et ceux des touristes dans ces mêmes espaces, les transformations que ces modes induisent au milieu de vie ainsi que les images, discours et mises en scène de l’habiter des différents groupes.  

Axe 2 : Mécanisme de gouvernance et relations de pouvoir. 

L’activité touristique attire notre attention sur les espaces comme produits de l’expression de différentes formes de pouvoir. Ainsi, on observe une accélération de nouvelles constructions territoriales et une transformation des acteurs en présence. Cependant, ne bénéficiant pas du même statut, tous les acteurs ne possèdent pas le pouvoir d’opérateur ou de créateur territorial (Di Méo, 1998). Dans ce contexte, il importe de savoir qui sont ces acteurs, quelles ressources-ils activent, les politiques et les formes de gouvernances mises en place, comment se décline le pouvoir et qui y a accès et qui en est exclu.

Axe 3 : (Re)production des (im)mobilités.

Le tourisme peut-être une forme de contrôle de la mobilité, où la mobilité touristique, et les géographies subséquentes sont contingentes des politiques de déplacements et d’occupations de l’espace (Alderman, 2018) et ce, à travers le contrôle de la mobilité, mais aussi de l’immobilité aux différentes échelles (Ek et Hultman, 2008). Les recherches actuelles sur le nexus complexe du tourisme contemporain, à l’exception de Ek et Hultman (2008), ne mettent pas en relation les modes d’habiter, le pouvoir et la mobilité, des touristes et des résidents, et ont de la difficulté à articuler les échelles micro et macro, ainsi que la relation entre les structures et l’agentivité des acteurs dans le processus de déploiement touristique. Ces trois axes comblent un déficit de compréhension du phénomène touristique et contribueront notamment à éclairer la mise en œuvre des politiques publiques dans les domaines du tourisme, du développement du territoire, de l’aménagement et de la mobilité.


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